juliemaquet

Localisé à Angers, France.
Membre depuis le: 19/09/2015

A propos de juliemaquet
Je fabrique des images à multiples lectures. Ces images apparaissent en sculpture, dessins et installations, sous la forme de vestiges d'une nature artificielle. Je parle de vestiges car je fais écho à la nature morte dont je me réapproprie les codes pour parler de morbidité, de proie et de gibier, de corps en ruine qui sont dans un état de passage, fragmentés, incomplets et imparfaits. Je parle de nature artificielle car pour fabriquer ces vestiges, je me réapproprie et je renverse de manière poétique le signe, le sens et la fonction première d'objets communs. Il s'agit d'objets de consommation, manufacturés et industriels, utilitaires, auxquels on n'accorde pas toujours une esthétique. Je les achète en gros ou les repêche du fond des caves. Ainsi, neufs ou anciens, récupérés ou achetés, parfois même destinés à être du déchet, j'utilise leur potentiel esthétique et leurs propriétés physique pour fabriquer des simulacres de la nature, qui évoquent, non sans ambiguïté, des plantes, des animaux, ou d'autres formes organiques, et qui racontent à chaque fois une histoire singulière. En cela mon travail comprend une dimension narrative forte: alors qu'elles sont figées, mes pièces parlent de mouvement. En somme, je fabrique de l'organique avec du non-organique, mon travail est en permanence dans un va et vient entre « nature » et « objet », dans cette association d'opposés. Je dis souvent que j'active les objets pour les faire muter. Cette mutation s'opère par le déplacement de leur fonction première, à travers un épuisant processus d'accumulation et de répétition organisée d'un seul geste et d'un seul objet. Ce processus n'étant pas sans rappeler le labeur du travail à la chaîne, il fait prendre son sens à la pièce terminée qui, justement, dans sa croissance automatique, parle le plus souvent d'épuisements, de corps qui n'en peuvent plus. Ce sont des souvenirs, des expériences et des gestes réflexes face aux objets qui vont déterminer la façon dont je vais les activer, afin de provoquer leur métamorphose. De cette façon, je parle de corporalité, d'un corps humain toujours indirectement présent. Je fabrique des débris qui apparaissent en même temps comme des beautés monstrueuses, à la fois morbides et précieuses et qui, exhibées, prennent souvent des allures de trophées qui trouvent leur place à même le sol, dans des coins de mur, qui rampent et qui pendent. Ces vestiges artificiels que je fabrique sont des vecteurs par lesquels je souhaite mener une réflexion sur le rapport à la consommation, sur les notions de standard, de norme et de conformité. Je souhaite interroger le monde humain, ses failles et ses schémas. Il s'agit de montrer qu'une chose, une pensée ou une vision du monde ne peut pas être enfermée dans un code de représentation ou une signification unique. J'espère qu'on pourra voir dans mon travail un miroir qui nous rappelle ce que nous sommes : humains, bancals et inexacts

Favoris

Aucun favori