Cellules dormantes 2016

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Cellules dormantes 2016

 

par Said Afifi

Nous sommes arrivés sur l’ïle d’Örö le 14 décembre 2015. L’exposition de Said Afifi commence par une phrase. Une opération narrative. Une phrase fiction. L’image est celle d’un bateau accostant sur une île au sud de la Finlande un après midi d’hiver ensoleillé. Deux artistes y débarquent comme dans un monde sauvage, un monde préservé de la guerre des hommes. Très vite les choses se renversent. Ce monde en miniature, comme dans cet autre récit insulaire et totalitaire qu’est W de Georges Perec où de vigoureux athlètes se révèlent peu à peu être les prisonniers agonisants d’un camp de concentration, laisse apparaître un ensemble de baraquements, de canons, de bunkers, de douilles, vestiges de deux guerres d’un autre temps mais étrangement préservés, entretenus par la volonté de l’État finlandais de faire de ces lieux un parc touristique et culturel. C’est alors comme si le monde surréel que Said Afifi construit depuis plusieurs années, ce monde poétique et inquiétant prélevé sur l’architecture de la guerre moderne trouvait là sa traduction dans le monde réel. Comme si ses images avaient toujours été là, qu’elles l’attendaient sur l’île d’Örö, dans un étrange ready made. Très vite, l’artiste prend des clichés, rapproche ses photos de ses propres images, La Quadrature du cercleScreen Shot. Des dessins naissent, des schémas, des maquettes, des réflexions et des notes. Et si l’État Islamique lui même était sensible à cette architecture ? Et si les bunkers d’Örö étaient les cellules dormantes d’une autre utopie ? La fascination de Said Afifi pour la beauté de l’architecture brutaliste est irrécupérable. Elle se situe au-delà de la morale politique. Dans l’art. L’île d’Örö est un jardin. Un jardin où se fabriquent ses images suspendues, des images sans homme où trouver une forme de sublimation.
 
 
Texte par 
David Ruffel

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