Épuisement de traverse

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Épuisement de traverse

 

par Axelle Auguin

Les chemins de traverse sont ceux que l’on emprunte, pensant devancer les routes habituelles, pour accéder de façon plus directe au paysage promis.
Ces itinéraires, plus courts, annoncent parfois un accès privilégié à un lieu où les autres routes ne passent pas, ou encore, relient une voie à une autre attisant le goût du raccourci .

Mais nous assurent-ils de ne pas « tourner en rond » ?

Le marcheur, ne trouvant pas d’issue, risquerait alors l’égarement. La balade engagée – animé par l’espoir d’aboutir à ce qui se trouve derrière, au bout, à la fin, à l’autre bout, au point d’arrivée – devient alors errance. Ces chemins qui semblaient favoriser le passage vers l’immensité, comme un élément transversal, accordant toutes les voies alentour solidement entre elles, deviennent objets de perdition, de frustration paysagère.
Continuant sans relâche, le promeneur, persuadé de trouver une échappatoire, se retrouve entraîné dans une quête sans fin, un cycle labyrinthique, dont la seule jouissance résulte en de perplexes formes, trouvées sur son chemin. Perdant le sens des rapports d’échelles et de temps, il plonge dans la profondeur des objets environnants, y cherchant de potentielles indications. Une roche, une empreinte, ou encore, des bribes de constructions humaines...

Suffocant, il désire plus que tout atteindre une vue qui semble ne jamais se laisser voir.

Épuisement de traverse, Presqu’île de Crozon, extraits, série de 20 photographies, noir et blanc, 2017

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